la préciosité

La préciosité[1] est le courant littéraire français du XVIIe siècle qui repose sur la volonté de se distinguer par la pureté du langage, par l’élégance de la tenue et par la dignité des mœurs.

 

Histoire

Vers la première moitié du XVIIe siècle, entre 1610 et 1660[2], naît un nouveau mode de vie, une nouvelle philosophie. Il prend le nom de « Préciosité ».

Pour s'opposer aux manières rustres du XVIe siècle, et plus particulièrement celles de la cour d’Henri IV, et s'opposer à la violence baroque, les femmes, principalement, mais également des hommes, vont créer ce mouvement pudique et raffiné à l’extrême. Les Précieux veulent donner du prix à tout ce qui les entoure et sont en quête perpétuelle de l’élégance. Ils voient l’amour comme une pure inclination de l’esprit et reprennent l’héroïsme cornélien.

Véritable mouvement littéraire et intellectuel en avance sur son époque, par exemple avec le rejet de l'a priori de la supériorité masculine, il l’a profondément marquée. Il a aussi été l'objet de critiques, comme celles de Molière dans la pièce Les Précieuses ridicules ou celles d'Antoine Baudeau de Somaize[3]. Enfin, le classicisme, tel que celui de Jean Racine, s'en est différencié.

 

Les salons

Les Précieux se retrouvent dans des salons littéraires.

Ces organisations sont « fondées » par de grands aristocrates. Ils se développent initialement en Provence et à Paris. Pour y accéder, on doit avoir une noblesse de sang et une « noblesse de l’âme ». Les femmes y sont actives. Les plus importants sont la « chambre bleue » de Catherine de Rambouillet et celui de Madeleine de Scudéry. On y discute dans un langage très appliqué, on y parle de littérature, on y écrit et lit des poèmes, presque tous sur l’amour, et on y lit des extraits d’œuvres.

Ces salons vont influencer les auteurs de cette époque car il s'y crée une vraie littérature baignant dans un raffinement extrême qui inspirera le libertinage. Ils ont aussi influencé la culture des siècles à venir car les philosophes des Lumières prendront l’habitude de se réunir dans des « salons », coutume qui s’est poursuivie jusqu’à l’époque moderne.

 

Influence sur la langue française

Les vues linguistiques des Précieuses ont influencé la langue française[4], principalement de deux manières.

 

L’orthographe

On doit aux Précieux un projet de simplification d’une orthographe déjà figée et souvent jugée trop éloignée de la parole, qui s’avérait difficile pour les femmes : l’accès aux études était moins courant et plus limité. Nombre de leurs rectifications ont été retenues par le dictionnaire de l’Académie française qui les a suivies : autheur auteur; respondre répondre; aisné aîné; etc.

 

Lexique précieux

Les Précieux sont surtout connus pour leur création lexicale intense dans le but de désigner le monde de manière pudique (les mots « bas » sont évités, ainsi que ceux dont les sonorités sont jugées cocasses ou sales, comme écu ou conçu). L’usage de périphrases hyperboliques, de métaphores recherchées, de pointes et de néologismes est notable.

Certains des termes précieux sont restés, comme « furieusement », « s’encanailler » ou « hardi » en parlant d’une couleur mixte, comme dans d’« un blond hardi ». D’autres formules, tournées en dérision au XVIIe siècle, ont perduré à travers la littérature, telles que « le conseiller des grâces » qui désigne un miroir, « le visage de l’âme » pour « le discours », « donner dans l’amour permis » pour « se marier » ou « les miroirs de l'âme » pour « les yeux ».

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